Depuis toujours, je veux croire que le monde est rempli de paillettes et de magie. Et quoi de mieux que de plonger dans la créativité pour faire exister cette magie ? Danse, théâtre, peinture, dessin, bricolage, histoires… Depuis petite, la création fait partie intégrante de moi — parfois source de joie, parfois refuge ou soutien, selon les moments de vie. C’était, sans que je le sache vraiment, ma manière de découvrir mon monde intérieur.
Mais j’étais tellement soucieuse du beau : est-ce que les autres trouveraient cela beau ? Terrible question… qui, je ne le savais pas encore, me bridait complètement dans l’expression de ce que j’avais au fond de moi.
C’est en Lozère, lors d’ateliers thérapeutiques mêlant danse et peinture, qu’un déclic a eu lieu : le beau n’avait plus d’importance — ce que je cherchais, c’était le vrai. Et j’ai découvert à quel point le vrai était infiniment beau. C’est là qu’est née toute la subtilité qui accompagne aujourd’hui le déploiement de mon art.
Je me souviens encore de cette peinture où, sous mes pastels gras, une baleine est apparue… et de l’émotion immense que j’ai ressentie en la regardant. Je me suis alors demandé : comment mon monde intérieur peut-il être si beau ?
En plus du sentiment de délivrance que je ressens vis-à-vis du regard des autres, cette rencontre avec la baleine a marqué le début d’une transformation profonde. Elle est devenue un symbole, une présence. Ce n’était plus seulement l’animal qui me fascinait enfant, mais une énergie qui venait mettre de la conscience là où il n’y en avait pas encore.
J’ai alors découvert le vrai plaisir de créer sans me soucier du résultat. La peinture est devenue un soutien précieux. Et en 2022, tout cela a pris un sens nouveau : peindre est devenu un besoin vital. Quand la souffrance est trop lourde, il faut parfois trouver un moyen de l’alléger.
La peinture est devenue mon refuge, une porte de sortie, un moyen d’exprimer toutes ces émotions bloquées à l’intérieur de moi. Les toiles à l’encre de Chine se sont alors succédées, chacune comme une empreinte, un témoin visible de ce que je n’arrivais pas encore à écouter, définir ou comprendre.
Mes peintures ont évolué, exprimant toujours plus en profondeur ce qui se cachait en moi. Le pinceau est devenu un pont entre ce que je vivais sur Terre et ce je-ne-sais-quoi venu d’ailleurs — ces polarités que je cherche sans cesse à concilier. Comment trouver l’équilibre entre la vie terrestre et cette force subtile venue d’ailleurs ? Chaque toile semblait déposer un indice, un message, un rappel… mais de quoi exactement ? Je ne le savais pas encore.
Il a fallu ma rencontre avec le Sahara, lors d’un trek, pour que certaines réponses émergent. Au-delà des enseignements personnels, cette expérience m’a ouverte à une réalité multidimensionnelle de mon être.
Concrètement ? À mon retour du désert, alors que j’écrivais, mon crayon s’est mis à tracer, tout seul, des symboles. Je vous jure, je n’ai pas réfléchi longtemps : j’ai jeté mon crayon ! Gros beug dans ma tête.
Pour moi, nous ne sommes pas seulement des âmes venues s’incarner sur Terre : nous sommes des fragments d’Univers, des éclats d’étoiles venus expérimenter la matière. Au cœur de chacun réside une essence stellaire qui murmure la mémoire de nos origines.
Je pense que c’est elle qui fait vibrer notre boussole intérieure — celle qui nous dit : ça, tu aimes ; ça, ça te fait vibrer ; vas-y, c’est la bonne direction.
C’est ainsi que je perçois mes mouvements intérieurs, guidés par cette part stellaire. Mais l’écouter sur Terre n’est pas toujours facile : c’est une véritable quête pour moi, celle de l’équilibre entre le tangible et l’éthéré, entre la Terre et les étoiles. Et c’est de cette quête qu’est née la dimension vibratoire de mes peintures.
Au-delà des couleurs et des formes, chaque toile devient un pont entre les mondes, un espace où s’exprime un langage que je canalise depuis ma part stellaire. Il s’agit d’une onde vibratoire destinée à éveiller quelque chose en celui ou celle qui la contemple.

